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Les 10 erreurs fiscales des Français expatriés (et comment les éviter)

8 min de lectureOutilserreurs fiscales Français expatriés

Introduction : pourquoi ces erreurs coûtent si cher

L'expatriation fiscale est un domaine où l'ignorance coûte cher — parfois des dizaines, voire des centaines de milliers d'euros. Les 10 erreurs décrites ci-dessous sont les plus fréquentes parmi les Français expatriés. Certaines sont des erreurs de départ (au moment du départ), d'autres s'accumulent sur plusieurs années.

La bonne nouvelle : la plupart sont évitables avec une bonne préparation. Pour structurer votre départ, consultez notre checklist fiscale avant de quitter la France.


Erreur n°1 : Croire qu'il suffit de "partir" pour ne plus payer d'impôts en France

L'erreur : Jean déménage à Barcelone en septembre mais laisse sa famille (femme, deux enfants) en France "le temps que les enfants finissent l'année scolaire". Il pense être exonéré d'impôt français dès son départ.

La réalité : Jean est toujours résident fiscal français. Sa famille constitue son foyer en France (critère 1 de l'article 4B CGI). Il reste imposable en France sur tous ses revenus mondiaux.

Le coût potentiel : 2 à 3 ans de revenus espagnols imposés en France — ce qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Comment l'éviter : la rupture de résidence fiscale doit être complète et simultanée pour toute la famille. Planifiez la scolarisation des enfants à l'étranger avant de partir.


Erreur n°2 : Ne pas déclarer les comptes bancaires étrangers

L'erreur : Marie ouvre un compte chez Emirates NBD à Dubaï et chez Wise. Elle ne sait pas qu'elle doit les déclarer à l'administration fiscale française (elle est encore partiellement résidente).

La réalité : Tout compte bancaire (ou de paiement) ouvert à l'étranger par un résident fiscal français doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916-3916bis. Wise, Revolut, N26, et les comptes crypto sont également concernés.

Le coût potentiel : 1 500 à 10 000 € d'amende par compte et par année non déclarée. Avec l'échange automatique d'informations fiscales (CRS/OCDE), l'administration française est informée de l'existence de ces comptes.

Comment l'éviter : déclarez systématiquement tout nouveau compte étranger dans votre déclaration de revenus.


Erreur n°3 : L'exit tax oubliée pour un départ hors UE

L'erreur : Thomas, entrepreneur avec 1,2 million € de parts de société, part s'installer à Dubaï en urgence pour un projet. Il ne connaît pas l'exit tax.

La réalité : Thomas est soumis à l'exit tax. Les EAU n'étant pas dans l'UE/EEE, il n'y a pas de sursis automatique. L'exit tax sur ses 1,2 M€ de plus-values latentes est immédiatement exigible : environ 300 000 €.

Le coût potentiel : exit tax + pénalités + intérêts de retard si non payée.

Comment l'éviter : calculez votre exit tax avant tout départ, et constituez la garantie bancaire si vous partez hors UE. Voir notre guide exit tax 2026.


Erreur n°4 : La résidence fiscale "à temps partiel" — le mythe des 6 mois moins 1 jour

L'erreur : Pierre croit qu'en passant exactement 182 jours en France et 183 jours au Portugal, il n'est plus résident fiscal français.

La réalité : Le critère des 183 jours est l'un des 4 critères alternatifs — et le moins souvent appliqué. Si Pierre a son foyer (famille) en France, il est résident fiscal français même en passant 300 jours au Portugal.

Comment l'éviter : ne vous concentrez pas uniquement sur les jours de présence. Analysez les 4 critères de l'article 4B avec un fiscaliste.


Erreur n°5 : La holding à Dubaï depuis Paris

L'erreur : Sophie crée une société dans la free zone DMCC de Dubaï pour facturer ses clients. Elle vit et travaille depuis Paris.

La réalité : l'article 209 B CGI (CFC rules) permet à l'administration d'imposer les bénéfices de la société dubaïote directement dans les mains de Sophie en France, même sans distribution.

Le coût potentiel : IS français + pénalités pour abus de droit potentiel (80% de majoration).

Comment l'éviter : une structure à Dubaï n'est efficace fiscalement que si vous y résidez réellement. Lisez notre article holding à Dubaï : légal ou illégal ?.


Erreur n°6 : Oublier de déclarer les revenus de source française

L'erreur : Luc s'installe au Maroc et croit que son appartement en France (loyer de 1 200 €/mois) n'est plus imposable nulle part.

La réalité : les revenus immobiliers de source française restent toujours imposables en France même pour les non-résidents. Le taux minimum est de 20% (article 197 A CGI), et en pratique, les prélèvements sociaux (17,2%) s'y ajoutent pour les résidents UE/EEE.

Comment l'éviter : déposez chaque année une déclaration 2042-NR auprès du SIPNR pour vos revenus français résiduels.


Erreur n°7 : Fermer son PEA au mauvais moment

L'erreur : Claire ferme son PEA (8 ans d'ancienneté, 150 000 € de plus-values latentes) quelques mois avant de partir à l'étranger, pensant "nettoyer" sa situation.

La réalité : en fermant son PEA en France avant son départ, elle déclenche l'imposition des plus-values du PEA (exonérées d'IR mais soumises aux 17,2% de PS). Si elle avait attendu d'être non-résidente fiscale française, les retraits du PEA seraient exonérés de PS dans certains cas.

Le coût potentiel : 25 000 € de prélèvements sociaux inutilement déclenchés.

Comment l'éviter : ne touchez pas à votre PEA avant d'avoir consulté un fiscaliste sur le timing optimal.


Erreur n°8 : Les dividendes suisses retenus à 35% non récupérés

L'erreur : Henri, maintenant résident au Portugal, détient des actions Nestlé. La Suisse prélève 35% de retenue à la source sur ses dividendes. Il ne fait rien.

La réalité : grâce à la convention Portugal-Suisse, Henri peut récupérer 20 points de retenue (35% → 15%). La procédure de remboursement existe mais doit être initiée.

Le coût potentiel : sur 10 000 € de dividendes Nestlé, 2 000 € de retenue récupérable non récupérée chaque année.

Comment l'éviter : identifiez toutes vos retenues à la source sur dividendes et actions étrangères, et utilisez les conventions fiscales pour obtenir les remboursements.


Erreur n°9 : Sous-estimer la durée de l'obligation déclarative française

L'erreur : Emma part à Singapour en janvier 2023. Elle pense ne plus avoir de déclaration à faire en France dès 2023.

La réalité : elle doit encore déposer une déclaration pour l'année de son départ (2023), en indiquant sa date de départ. Si elle a des revenus de source française (loyers, dividendes de sociétés françaises, pensions), elle doit continuer à déposer une déclaration chaque année au SIPNR.

Comment l'éviter : identifiez vos sources de revenus françaises résiduelles et maintenez vos obligations déclaratives en conséquence.


Erreur n°10 : Ne pas s'assurer avant de partir

L'erreur : Paul part s'installer en Thaïlande avec sa famille sans avoir souscrit d'assurance santé. Il se dit que "ça coûte trop cher" et que "les soins sont moins chers là-bas de toute façon".

La réalité : sa femme est hospitalisée en urgence 2 semaines après l'arrivée. Facture : 22 000 € dans une clinique privée Bangkok. Remboursement CPAM (qui ne couvre plus Paul) : 0 €.

Le coût : 22 000 € payés cash — alors qu'une assurance ACS zone Asie coûte 90-130 €/mois pour un adulte.

Comment l'éviter : souscrivez votre assurance santé expatriée avant le départ. Comparez ACS, April et Cigna dans notre guide de choix.


Récapitulatif des coûts potentiels

Erreur Coût potentiel Évitable ?
Résidence fiscale non rompue Plusieurs années d'impôts mondiaux ✅ Avec préparation
Comptes non déclarés 1 500 - 10 000 €/compte/an ✅ Formulaire 3916
Exit tax hors UE Immédiatement exigible, 30% ✅ Garantie bancaire
Mythe 183 jours Redressement + pénalités ✅ Analyse complète
Holding sans résidence IS + 80% pénalités ✅ Partir réellement
Revenus FR non déclarés Impôts + 40% majoration ✅ Déclaration SIPNR
PEA fermé trop tôt PS sur plus-values ✅ Timing optimal
Retenues étrangères non récupérées 5-20% des dividendes/an ✅ Démarches convention
Obligations déclaratives oubliées Amendes + intérêts ✅ Calendrier fiscal
Pas d'assurance santé Frais médicaux illimités ✅ ACS/April/Cigna

Vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations ? Contactez-nous pour une mise en relation avec un fiscaliste spécialisé expatriation.


Cet article est fourni à titre informatif. En cas de situation fiscale irrégulière, consultez impérativement un avocat fiscaliste avant toute démarche auprès de l'administration.

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Questions fréquentes

L'administration fiscale française peut-elle réclamer des impôts impayés des années après mon départ ?
Oui. Le délai de reprise de l'administration fiscale est de 3 ans pour les revenus non déclarés (jusqu'à 10 ans en cas de fraude caractérisée). Si vous avez perçu des revenus français sans les déclarer depuis l'étranger, l'administration peut vous réclamer ces impôts + intérêts de retard (0,2%/mois) + majorations (10% à 80% selon la gravité).
Je n'ai pas déclaré mes comptes bancaires étrangers. Que risque-je ?
L'amende pour non-déclaration d'un compte bancaire étranger est de 1 500 € par compte et par an si vous résidez dans un pays ayant signé un accord d'échange automatique d'informations avec la France, et 10 000 € par compte et par an dans les autres cas. Si le solde du compte dépasse 50 000 €, l'amende peut atteindre 5% du solde du compte.
Comment régulariser une situation fiscale irrégulière depuis l'étranger ?
La meilleure approche est la régularisation spontanée auprès de la DGFiP, en contactant directement le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR). Une régularisation spontanée bénéficie généralement de majorations réduites par rapport à un redressement initié par l'administration. Consultez impérativement un avocat fiscaliste avant de prendre contact.
Puis-je être en situation de double imposition sans le savoir ?
Oui, c'est malheureusement fréquent. La double imposition survient quand deux pays imposent le même revenu sans que les mécanismes de la convention (crédit d'impôt, exemption) soient correctement appliqués. Des revenus de source française (dividendes, loyers) peuvent être imposés à la fois en France et dans votre pays de résidence si vous ne demandez pas le bénéfice de la convention.
Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.