Israël, destination majeure de l'alya française
Depuis 2012, la France est devenue le premier pays d'origine de l'alya (l'immigration juive vers Israël) au monde, devant les États-Unis et la Russie. Plus de 150 000 Français vivent aujourd'hui en Israël, concentrés à Netanya, Jérusalem, Tel-Aviv, Ashdod et Ra'anana. Beaucoup conservent des liens patrimoniaux forts avec la France : résidence secondaire, comptes bancaires, assurance-vie ou entreprise.
Contrairement à des destinations comme Dubaï ou l'Île Maurice, Israël n'est pas un pays « zéro impôt » — mais il offre aux nouveaux arrivants un régime d'exonération temporaire exceptionnel qui rend l'installation particulièrement avantageuse les dix premières années.
Pour préparer votre départ, consultez notre checklist fiscale avant de quitter la France.
Le statut d'oleh hadash : une exonération fiscale de 10 ans
Qui en bénéficie ?
Deux catégories de résidents israéliens bénéficient de cet avantage :
- L'oleh hadash : tout nouvel immigrant obtenant la citoyenneté israélienne dans le cadre de la Loi du Retour
- Le toshav chozer vatik : un résident revenant s'installer en Israël après 10 années consécutives passées à l'étranger
Ce que couvre l'exonération
Pendant 10 ans à compter de l'installation, l'article 14 de l'Ordonnance de l'impôt sur le revenu exonère :
- Les revenus de source étrangère (salaires, revenus fonciers, dividendes, intérêts)
- Les plus-values de cession d'actifs étrangers (immobilier, valeurs mobilières, parts sociales)
- Sans aucune obligation déclarative en Israël sur ces revenus et actifs pendant la période
Exemple concret : un Français qui fait son alya en 2026 en conservant un appartement loué à Paris et un portefeuille-titres en France ne déclarera ni les loyers, ni les dividendes, ni les plus-values de cession de ces actifs à l'administration fiscale israélienne jusqu'en 2036.
Attention : cette exonération est propre au droit israélien. Elle ne dispense pas des obligations déclaratives françaises si vous restez, pour tout ou partie, résident fiscal français (voir plus bas).
Résidence fiscale israélienne : les critères
Vous êtes résident fiscal israélien si :
- Votre centre de vie (merkaz haim'im) — famille, logement, activité professionnelle — se situe en Israël, ou
- Vous séjournez 183 jours ou plus par an en Israël, ou
- Vous cumulez 30 jours en Israël l'année en cours et 425 jours sur les trois dernières années
Le barème de l'impôt sur le revenu (IR) israélien 2026
| Tranche annuelle (NIS) | Taux |
|---|---|
| 0 — 84 120 NIS | 10% |
| 84 121 — 120 720 NIS | 14% |
| 120 721 — 193 800 NIS | 20% |
| 193 801 — 269 280 NIS | 31% |
| 269 281 — 560 280 NIS | 35% |
| 560 281 — 721 560 NIS | 47% |
| > 721 560 NIS | 47% + surtaxe de 3% |
Une surtaxe (Mas Yesef) de 3% s'applique sur la fraction des revenus dépassant 721 560 NIS/an, portant le taux marginal maximal à 50%. S'y ajoutent les cotisations de sécurité sociale (Bituach Leumi) et l'assurance maladie (Bituach Briout), plafonnées mais significatives sur les revenus d'activité.
Après la période d'exonération de 10 ans, ce barème s'applique à l'ensemble des revenus mondiaux, y compris ceux de source française.
La convention fiscale France-Israël du 31 juillet 1995
| Revenu | Pays imposant | Mécanisme |
|---|---|---|
| Salaire en Israël | Israël | Exonération en France |
| Pension de retraite privée | Israël (si résident) | Crédit d'impôt en France |
| Pension de la fonction publique française | France | Exclusivité française |
| Revenus fonciers en France | France | Crédit d'impôt en Israël |
| Dividendes de sociétés françaises | France (retenue) | Crédit en Israël |
| Plus-values mobilières | Résidence (sauf immobilier) | Israël en général |
Cette convention élimine la double imposition pour les résidents israéliens de longue date, mais ne couvre pas les droits de succession — un point sensible détaillé plus bas.
Rompre sa résidence fiscale française avant l'alya
Faire son alya ne suffit pas à cesser d'être résident fiscal français : il faut activement éliminer les quatre critères de l'article 4B du CGI :
- Foyer : votre famille (conjoint, enfants) doit également s'installer en Israël
- Séjour principal : ne pas dépasser 183 jours par an en France
- Activité professionnelle principale : cesser toute activité exercée principalement en France
- Centre des intérêts économiques : transférer la gestion de vos principaux investissements
L'erreur fréquente : un chef de famille qui fait son alya seul pendant que son conjoint et ses enfants terminent l'année scolaire en France reste, dans cette situation, résident fiscal français — avec imposition sur l'ensemble des revenus mondiaux du foyer.
Si votre patrimoine dépasse 800 000 € ou inclut une participation de plus de 50% dans une société, l'exit tax (article 167 bis du CGI) peut s'appliquer au moment du départ. Consultez notre guide complet de l'exit tax 2026.
Immobilier : gardé en France, acheté en Israël
Bien conservé en France
Un olim qui conserve un bien immobilier en France reste soumis, en tant que non-résident, au régime français des plus-values immobilières des non-résidents et, le cas échéant, à l'IFI si son patrimoine immobilier français dépasse 1,3 M€. Voir nos guides détaillés sur la plus-value immobilière des non-résidents et l'IFI pour les expatriés.
Achat en Israël
L'acquisition immobilière en Israël est soumise à la Mas Rechisha (taxe d'acquisition), avec un barème progressif défavorable aux acheteurs possédant déjà un bien (y compris à l'étranger dans certains cas) — un point à vérifier avec un avocat israélien avant tout achat, notamment pour les olim souhaitant conserver leur résidence secondaire française.
Succession : l'angle mort à anticiper
Israël a supprimé tout droit de succession et de donation depuis 1981. Un patrimoine transmis en Israël échappe donc à toute taxation locale.
Mais la France n'a pas signé de convention spécifique aux successions avec Israël. Conséquence : si le défunt était résident fiscal français au moment du décès, si les héritiers résident fiscalement en France, ou si des biens sont situés en France, les droits de succession français (jusqu'à 45% en ligne directe au-delà des abattements) peuvent s'appliquer intégralement, sans possibilité de crédit d'impôt israélien puisque aucun impôt n'a été prélevé en Israël. C'est un point souvent négligé lors de la préparation d'une alya avec patrimoine transmissible important — anticipez-le avec un notaire franco-israélien.
Comptes bancaires, transferts et démarches pratiques
- Déclaration des comptes bancaires israéliens : tant que vous restez résident fiscal français (avant rupture complète), tout compte détenu en Israël doit être déclaré via le formulaire 3916
- Teudat Oleh : délivrée par le Misrad HaAliyah VeHaKlita dès l'arrivée, elle ouvre les droits sociaux et fiscaux de l'oleh hadash
- Numéro fiscal (Mispar Zehut) : automatiquement attribué à l'arrivée, sert aussi d'identifiant pour la sécurité sociale
- Transferts France-Israël : pour rapatrier loyers, dividendes ou pension française vers un compte israélien (Bank Leumi, Bank Hapoalim, Discount Bank), Wise propose un taux EUR/NIS nettement plus avantageux que les banques traditionnelles
Assurance santé
Le système de santé israélien (Kupat Holim) est public et accessible aux olim dès l'obtention de la Teudat Oleh, avec un excellent niveau de soins. De nombreux Français souscrivent néanmoins une complémentaire privée pour les soins non couverts ou pour la période de transition avant l'affiliation complète. ACS propose des formules adaptées aux expatriés en zone Moyen-Orient, utiles pendant les premiers mois d'installation.
Pour une analyse personnalisée de votre situation avant l'alya — rupture de résidence fiscale, exit tax, ou organisation successoriale franco-israélienne — contactez-nous pour une mise en relation avec un expert.
Les informations de cet article sont basées sur la législation fiscale française et israélienne en vigueur en 2026. Le régime des olim hadashim et les barèmes israéliens sont fixés par la Reshut HaMisim et peuvent évoluer. Consultez impérativement un fiscaliste franco-israélien avant toute décision.