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IFI 2026 : les expatriés sont-ils concernés ? Seuils, calcul et optimisation

6 min de lectureActualiteIFI 2026 expatriés non-résidents

IFI et expatriation : le piège méconnu des non-résidents

L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) est l'un des impôts les plus souvent oubliés par les expatriés français. Beaucoup pensent qu'en quittant la France, ils échappent à tout impôt sur le patrimoine. C'est faux : l'IFI s'applique aux non-résidents sur leurs biens immobiliers situés en France.

En 2026, avec la hausse continue des prix de l'immobilier dans les grandes métropoles, de plus en plus d'expatriés franchissent le seuil de 1,3 million d'euros sans le savoir.

Le mécanisme de l'IFI pour les non-résidents

Principe fondamental

Situation Assiette IFI
Résident fiscal français Patrimoine immobilier mondial
Non-résident fiscal Patrimoine immobilier situé en France uniquement

Les non-résidents ne déclarent que leurs biens immobiliers français. Un appartement à Londres, une villa à Marrakech ou un condo à Montréal ne comptent pas.

Seuil de déclenchement 2026

Le seuil reste fixé à 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable. L'imposition démarre à partir de 800 000 € (barème progressif).

Barème IFI 2026

Fraction de patrimoine net taxable Taux
Jusqu'à 800 000 € 0%
De 800 000 € à 1 300 000 € 0,50%
De 1 300 000 € à 2 570 000 € 0,70%
De 2 570 000 € à 5 000 000 € 1%
De 5 000 000 € à 10 000 000 € 1,25%
Au-delà de 10 000 000 € 1,50%

Exemple : un expatrié détenant un appartement parisien valorisé 1 800 000 € (net de dette) paiera :

  • 0% sur les 800 000 premiers euros = 0 €
  • 0,50% sur 500 000 € (800k → 1,3M) = 2 500 €
  • 0,70% sur 500 000 € (1,3M → 1,8M) = 3 500 €
  • Total IFI = 6 000 €

Quels biens entrent dans l'assiette IFI des non-résidents ?

Biens taxables

  • Immeubles bâtis situés en France : appartements, maisons, immeubles de rapport
  • Terrains situés en France : terrains à bâtir, terrains agricoles
  • Parts de sociétés à hauteur de leur fraction immobilière française : SCI, SCPI, OPCI, sociétés détenant de l'immobilier en France
  • Droits immobiliers : usufruit, droit d'usage, bail emphytéotique portant sur des biens français

Biens exclus (non taxables)

  • Biens immobiliers situés hors de France (pour les non-résidents)
  • Biens professionnels : immeubles affectés à l'activité professionnelle principale
  • Bois et forêts (exonération partielle de 75%)
  • Biens ruraux loués par bail à long terme (exonération partielle)

Le cas des SCI et holdings immobilières

La détention via une SCI ne protège pas de l'IFI. Les parts sont imposables à hauteur de la valeur représentative des actifs immobiliers français.

Attention aux SCI à l'étranger : même une SCI constituée au Luxembourg ou en Belgique détenant un bien en France est dans le champ de l'IFI. Pour en savoir plus, consultez notre guide SCI expatrié.

Les dettes déductibles

Vous pouvez déduire les dettes liées aux biens immobiliers taxables :

  • Emprunts bancaires pour l'acquisition, la réparation, l'amélioration ou la construction
  • Travaux payables à des entreprises (devis et factures)
  • Impôts fonciers : taxe foncière due au 1er janvier 2026

Plafonnement des dettes (anti-abus)

Depuis 2018, un mécanisme anti-abus limite la déduction des dettes pour les patrimoines supérieurs à 5 millions d'euros. La dette déductible est réduite si elle dépasse 60% de la valeur des biens.

L'abattement de 30% sur la résidence principale : pas pour les expatriés

C'est un piège classique. L'abattement de 30% s'applique uniquement au bien occupé à titre de résidence principale au 1er janvier de l'année d'imposition.

Si vous avez quitté la France, votre ancien logement principal perd cet abattement. Il est valorisé à 100% de sa valeur vénale.

Impact chiffré : un appartement valorisé 2 000 000 € bénéficiait d'un abattement de 600 000 € en tant que résidence principale. Après expatriation, ces 600 000 € s'ajoutent à votre base IFI, ce qui peut faire franchir le seuil ou augmenter significativement l'impôt.

Conventions fiscales et IFI

Certaines conventions fiscales contiennent un article sur l'impôt sur la fortune (généralement l'article 22 du modèle OCDE). Cet article peut :

  • Confirmer le droit d'imposer les biens immobiliers dans le pays de situation (la France)
  • Prévoir un mécanisme d'élimination de la double imposition si le pays de résidence a aussi un impôt sur le patrimoine
Pays de résidence Convention prévoit article fortune ? Impact IFI
Suisse Oui IFI France + impôt cantonal suisse, avec élimination
Belgique Oui IFI France (pas de wealth tax en Belgique)
Émirats Pas de convention IFI France sans limitation
Portugal Oui IFI France (pas de wealth tax au Portugal)
Espagne Oui IFI France + Patrimonio espagnol, avec élimination

Consultez nos guides pays : Suisse, Belgique, Dubaï.

Stratégies d'optimisation légales de l'IFI

1. Vendre avant de partir

Si votre patrimoine immobilier français est proche du seuil, envisagez de vendre avant l'expatriation pour bénéficier de l'exonération de plus-value sur la résidence principale (totale si c'est votre résidence principale au jour de la vente).

2. Financer par emprunt

Les emprunts liés aux biens immobiliers sont déductibles de l'assiette IFI. Refinancer un bien peut réduire la base taxable.

3. Investir dans l'immobilier professionnel

Les biens affectés à une activité professionnelle sont exonérés d'IFI. Si vous exercez une activité via une société dont les locaux sont en France, ces locaux sont exclus.

4. Conserver le statut LMNP avec démembrement

Le démembrement de propriété (nue-propriété / usufruit) permet de sortir la nue-propriété de l'assiette IFI si l'usufruit est détenu par un tiers. Consultez notre guide LMNP expatrié.

5. Dons à des organismes d'intérêt général

Vous bénéficiez d'une réduction d'IFI de 75% des dons effectués, dans la limite de 50 000 € de réduction par an.

Comment déclarer l'IFI en tant que non-résident

  1. Connectez-vous sur impots.gouv.fr
  2. Cochez la case IFI dans votre déclaration 2042-NR
  3. Remplissez le formulaire 2042-IFI avec la valeur de vos biens immobiliers français au 1er janvier 2026
  4. Déduisez les dettes éligibles
  5. Déclarez avant le 5 juin 2026 (délai non-résidents)

Si vous n'avez aucun revenu de source française mais êtes redevable de l'IFI, vous devez quand même déposer une déclaration de revenus pour y joindre le formulaire IFI.

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Questions fréquentes

Un non-résident fiscal français doit-il payer l'IFI ?
Oui, si la valeur nette de ses biens immobiliers situés en France dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier 2026. Les non-résidents ne sont imposés qu'au titre de leur patrimoine immobilier français (biens détenus directement ou via des sociétés). Les biens immobiliers situés à l'étranger ne sont pas pris en compte dans l'assiette IFI des non-résidents.
Les parts de SCI détenant un bien en France entrent-elles dans l'IFI des non-résidents ?
Oui. Les parts de sociétés (SCI, SCPI, OPCI) sont imposables à l'IFI à hauteur de la fraction de leur valeur représentative de biens immobiliers situés en France. Si vous détenez une SCI qui possède un appartement à Paris, la valeur de vos parts correspondant à cet appartement entre dans votre patrimoine IFI. La détention via une SCI ne permet pas d'échapper à l'IFI.
Comment déclarer l'IFI en tant que non-résident ?
La déclaration IFI se fait en même temps que la déclaration de revenus, sur le formulaire 2042-IFI annexé à votre déclaration 2042-NR. Le délai est le même que pour la déclaration de revenus (5 juin 2026 pour les non-résidents en ligne). Si vous n'avez pas de revenus de source française mais êtes redevable de l'IFI, vous devez quand même déposer une déclaration de revenus avec le formulaire 2042-IFI.
La résidence principale bénéficie-t-elle de l'abattement de 30% pour un expatrié ?
Non. L'abattement de 30% sur la résidence principale ne bénéficie qu'au contribuable qui occupe effectivement le bien à titre de résidence principale au 1er janvier de l'année d'imposition. Un expatrié qui a quitté la France ne peut plus bénéficier de cet abattement sur son ancien logement principal, même s'il le conserve. Le bien est valorisé à 100% de sa valeur vénale.

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.