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CSG-CRDS et prélèvements sociaux des non-résidents en 2026 : le guide complet

7 min de lectureActualiteCSG CRDS prélèvements sociaux non-résidents
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Le sujet qui piège le plus de non-résidents

Beaucoup d'expatriés français découvrent, en recevant leur avis d'imposition, une ligne à laquelle ils ne s'attendaient pas : les prélèvements sociaux — CSG, CRDS et prélèvement de solidarité — sur leurs revenus français. À 17,2 %, la facture n'est pas anecdotique, et pourtant une large partie des non-résidents peut la ramener à 7,5 %, voire ne rien devoir du tout selon la nature de ses revenus.

Ce guide clarifie, pour 2026, qui paie quoi : quels revenus sont concernés, quel taux s'applique selon votre pays d'affiliation sociale, comment fonctionne l'exonération issue de la jurisprudence européenne, et comment réclamer un prélèvement indu. Les taux et règles cités renvoient à la doctrine de l'administration (BOFiP) ; vérifiez toujours le barème de l'année en cours pour un cas engageant.

De quoi parle-t-on ? CSG, CRDS et prélèvement de solidarité

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Photo : Jakub Zerdzicki / Pexels · Pexels

Ce qu'on appelle communément « les prélèvements sociaux » regroupe en réalité trois contributions distinctes, pour un total de 17,2 % :

Contribution Taux 2026 Nature
CSG (contribution sociale généralisée) 9,2 % Finance la protection sociale
CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) 0,5 % Rembourse la dette sociale
Prélèvement de solidarité 7,5 % Contribution budgétaire
Total 17,2 %

Cette distinction n'est pas théorique : elle est au cœur du régime des non-résidents. Car la CSG et la CRDS relèvent de la logique de sécurité sociale, tandis que le prélèvement de solidarité est une contribution purement budgétaire. C'est précisément ce qui permet à de nombreux expatriés d'échapper aux 9,7 % de CSG-CRDS.

Quels revenus d'un non-résident sont concernés ?

Point capital : un non-résident n'est pas soumis aux prélèvements sociaux sur l'ensemble de ses revenus français, mais uniquement sur ses revenus du patrimoine immobilier de source française.

Sont soumis aux prélèvements sociaux :

  • les revenus fonciers : loyers d'un bien loué en France, revenus de SCPI françaises ;
  • les plus-values immobilières réalisées lors de la vente d'un bien situé en France.

Ne sont PAS soumis aux prélèvements sociaux (pour un non-résident) :

  • les revenus financiers : intérêts, dividendes, plus-values de cession de valeurs mobilières ;
  • les salaires et pensions de source française (soumis, eux, à la retenue à la source ou au barème, mais pas aux prélèvements sociaux).

C'est une différence majeure avec les résidents, qui subissent les 17,2 % sur quasiment tous leurs revenus du capital. Pour le détail du cas locatif, voyez notre article dédié CSG-CRDS sur les revenus fonciers des non-résidents, et pour la vente d'un bien, notre guide plus-value immobilière des non-résidents.

Le taux réduit à 7,5 % : l'exonération de Ruyter

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C'est l'information qui peut vous faire économiser près de 10 points. Depuis l'arrêt de Ruyter de la Cour de justice de l'Union européenne (2015) et sa transposition dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, une personne affiliée à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'Espace économique européen ou de Suisse ne peut pas être soumise à la CSG-CRDS française — au nom du principe d'unicité de la législation sociale au sein de l'Union.

Concrètement, ces personnes sont exonérées de CSG (9,2 %) et de CRDS (0,5 %), et ne restent redevables que du prélèvement de solidarité de 7,5 %.

Votre situation d'affiliation sociale CSG-CRDS Prélèvement de solidarité Total
Affilié EEE (UE + Islande, Norvège, Liechtenstein) Exonéré 7,5 % 7,5 %
Affilié Suisse Exonéré 7,5 % 7,5 %
Affilié Royaume-Uni (accord de retrait) Exonéré 7,5 % 7,5 %
Affilié dans un pays tiers (USA, Émirats, Canada, Maroc…) 7,5 % 17,2 %

Le critère déterminant n'est donc pas votre nationalité ni même votre pays de résidence fiscale, mais votre régime de sécurité sociale d'affiliation. Un Français résidant en Espagne et affilié à la sécurité sociale espagnole paie 7,5 % ; un Français résidant à Dubaï paie 17,2 %.

Le cas du Royaume-Uni après le Brexit

Beaucoup pensent que le Brexit a fait perdre aux résidents britanniques le bénéfice du taux réduit. Ce n'est pas le cas pour les personnes couvertes par l'accord de retrait : celles affiliées au régime de sécurité sociale britannique continuent, en principe, de bénéficier de l'exonération de CSG-CRDS et ne paient que 7,5 %. Le sujet fait toutefois l'objet de discussions ; notre guide fiscalité des Français au Royaume-Uni post-Brexit fait le point sur ce statut particulier.

Exemple chiffré : 15 000 € de loyers de source française

Prenons un non-résident percevant 15 000 € de revenus fonciers nets par an en France. Au-delà de l'impôt sur le revenu (taux minimum de 20 %), voici les prélèvements sociaux selon son affiliation :

  • Affilié dans l'EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni : 15 000 € × 7,5 % = 1 125 €.
  • Affilié dans un pays tiers : 15 000 € × 17,2 % = 2 580 €.

Soit un écart de 1 455 € par an pour les mêmes loyers — la seule variable étant le pays d'affiliation sociale. Sur dix ans de détention, la différence dépasse 14 000 €.

Comment réclamer une CSG-CRDS prélevée à tort

Il arrive fréquemment que l'administration applique d'abord le taux plein de 17,2 %, faute de justificatif d'affiliation étrangère. Si vous relevez de l'EEE, de la Suisse ou du Royaume-Uni, vous pouvez réclamer le remboursement des 9,7 % de CSG-CRDS indûment prélevés :

  1. Rassemblez un justificatif d'affiliation à un régime de sécurité sociale étranger (formulaire A1 au sein de l'UE, ou attestation équivalente).
  2. Déposez une réclamation auprès de votre service des impôts (Service des impôts des particuliers non-résidents).
  3. Respectez le délai : en principe jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle du prélèvement.

Pensez aussi à signaler votre affiliation en amont pour les années suivantes, afin que le taux de 7,5 % soit appliqué directement. Pour situer ces prélèvements dans l'ensemble de votre fiscalité de non-résident, consultez notre guide sur le prélèvement à la source des non-résidents et, en cas de retour, notre article retour en France après expatriation.

Prélèvements sociaux et enveloppes d'épargne

Un mot sur l'épargne financière, souvent source de confusion : les rachats d'assurance-vie effectués par un non-résident ne supportent pas les prélèvements sociaux (voir notre guide sur la fiscalité de l'assurance-vie des non-résidents). De même, un retrait de PEA ou une cession de valeurs mobilières par un non-résident échappe aux 17,2 %. Les prélèvements sociaux des non-résidents ne visent, redisons-le, que l'immobilier français (loyers et plus-values). C'est un argument de plus pour bien distinguer patrimoine immobilier et patrimoine financier avant un départ — un arbitrage détaillé dans notre guide sur l'année du transfert de résidence fiscale.

Ce qu'il faut retenir

  • Les prélèvements sociaux des non-résidents ne frappent que les revenus fonciers et les plus-values immobilières de source française.
  • Taux global : 17,2 % (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %).
  • Taux réduit à 7,5 % pour les affiliés à la sécurité sociale de l'EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni (exonération de CSG-CRDS issue de l'arrêt de Ruyter).
  • 17,2 % pour les affiliés d'un pays tiers, même en présence d'une convention fiscale.
  • Les revenus financiers des non-résidents (intérêts, dividendes, plus-values mobilières, rachats d'assurance-vie, PEA) échappent aux prélèvements sociaux.
  • Une CSG-CRDS prélevée à tort peut être réclamée (justificatif d'affiliation + délai de deux ans).

Prochaines étapes

  1. Identifiez la nature exacte de vos revenus français (immobiliers = concernés ; financiers = non).
  2. Déterminez votre pays d'affiliation sociale : c'est lui qui fixe le taux (7,5 % ou 17,2 %).
  3. Si vous relevez de l'EEE/Suisse/Royaume-Uni, munissez-vous de votre justificatif d'affiliation et vérifiez le taux appliqué sur vos avis.
  4. Le cas échéant, déposez une réclamation pour récupérer la CSG-CRDS prélevée à tort.

La combinaison impôt sur le revenu + prélèvements sociaux + convention fiscale rend chaque situation particulière, et une erreur de taux se répète chaque année. Pour sécuriser votre imposition de non-résident et vérifier que vous ne payez pas la CSG-CRDS à tort, demandez votre bilan fiscal gratuit : nous analysons votre situation et vous répondons sous 48 h.

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Questions fréquentes

Un non-résident paie-t-il la CSG-CRDS sur ses revenus français ?
Oui, mais uniquement sur ses revenus du patrimoine de source française : revenus fonciers (loyers) et plus-values immobilières. Les revenus financiers (intérêts, dividendes, plus-values mobilières) perçus par un non-résident ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux français. Le taux global est de 17,2 %, réduit à 7,5 % pour les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'Espace économique européen, de Suisse ou du Royaume-Uni.
Quel est le taux des prélèvements sociaux en 2026 ?
Le taux global des prélèvements sociaux est de 17,2 %. Il se décompose en trois éléments : la CSG à 9,2 %, la CRDS à 0,5 % et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. Pour les personnes affiliées à la sécurité sociale d'un pays de l'EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni, la CSG et la CRDS ne sont pas dues : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste applicable.
Qu'est-ce que l'exonération de Ruyter ?
L'arrêt de Ruyter de la Cour de justice de l'Union européenne (2015) a jugé qu'une personne affiliée à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE ne peut pas être soumise à la CSG-CRDS française, au nom du principe d'unicité de la législation sociale. La France a tiré les conséquences de cette jurisprudence : depuis 2019, les non-résidents affiliés dans l'EEE ou en Suisse sont exonérés de CSG-CRDS et ne paient plus que le prélèvement de solidarité de 7,5 %.
Les résidents hors Europe bénéficient-ils du taux réduit ?
Non. Le taux réduit de 7,5 % est réservé aux personnes relevant d'un régime de sécurité sociale de l'EEE, de la Suisse ou du Royaume-Uni. Un résident d'un pays tiers (États-Unis, Émirats, Canada, Maroc, Thaïlande, etc.) supporte le taux plein de 17,2 % sur ses revenus fonciers et plus-values immobilières de source française, même si une convention fiscale existe : les prélèvements sociaux ne sont pas toujours couverts par les conventions.
Comment se faire rembourser une CSG-CRDS prélevée à tort ?
Si vous êtes affilié à la sécurité sociale de l'EEE, de Suisse ou du Royaume-Uni et que la CSG-CRDS vous a été prélevée au taux plein de 17,2 %, vous pouvez déposer une réclamation auprès de votre service des impôts, en principe jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle du prélèvement. Il faut joindre un justificatif d'affiliation à un régime de sécurité sociale étranger (formulaire A1 ou attestation équivalente).

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Avertissement légal : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité évolue régulièrement et les situations individuelles varient. Avant toute décision, consultez un conseiller fiscal qualifié et vérifiez la réglementation en vigueur dans votre pays de résidence.